studio-théâtre
vitry


Robert Walser, né en 1878, à Bienne, en Suisse, est l’avant-dernier d’une famille de huit enfants. Toute sa vie, il travaillera avec une constance inébranlable à « disparaître », à se voiler derrière une humilité radicale, insolente, celle qui transparaît dans chacune des lignes qu’il écrit. Refusant les codes du succès, il quitte rapidement les cercles artistiques pour travailler comme employé de banque, domestique, secrétaire… Ce choix de la vie « en marge » est indissociable de son œuvre, composée de quelques romans (Les Enfants Tanner, 1907, L’Institut Benjamenta, 1909…), mais surtout de formes brèves, essais dramatiques, courtes proses, poèmes et feuilletons. Ce choix de l’effacement et de l’errance traduit le paradoxe de cette figure singulière : fantasque et lumineux, désespéré et fragile, Walser est interné dans un asile en 1920. Il y restera jusqu’à sa mort, survenue le matin de noël 1956, au cours d’une promenade solitaire dans la neige. Salué par les plus grands écrivains de son temps (Hesse, Hofmannsthal, Mann, Kafka, Musil) comme leur égal, Robert Walser reste encore un auteur confidentiel : contrecoup de l’extrême indépendance de celui qui disait ne pouvoir « respirer que dans les régions inférieures ».